L'organisation Oxfam déplore l'inégalité de moyens face au réchauffement climatique
Mathieu Szeradzki (Le Monde) / 04-12-2007

Les pays riches doivent accroître leur aide financière pour permettre aux pays pauvres de s'adapter au réchauffement climatique, estime l'organisation Oxfam, dans un rapport diffusé mardi 4 décembre 2007. Intitulé "Financer l'adaptation: pourquoi la conférence des Nations unies sur le climat à Bali doit mandater la recherche de nouveaux fonds", le rapport déplore la grande inégalité entre pays pauvres et pays riches face aux conséquences du changement climatique.

"Les pays riches n'ont contribué qu'à hauteur de 67 millions de dollars au fonds de l'ONU destiné à aider les pays les plus pauvres au monde à s'adapter au changement climatique, ce qui est inférieur à ce que les Américains dépensent chaque mois en crème solaire", souligne le rapport. "Ce chiffre représente vraiment une insulte (...) étant donné que les pays les moins développés auront au moins besoin d'un à deux milliards de dollars afin de satisfaire ne serait-ce que leurs besoins d'adaptation les plus urgents", a indiqué l'auteure du rapport, Charlotte Sterrett. Le rapport évalue à au moins 50 milliards de dollars par an les coûts d'adaptation au changement climatique dans les pays en développement, "et beaucoup plus si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas suffisamment réduites".

Les pays pauvres, premières victimes du réchauffement climatique
L'organisation pose également la question de nouveaux mécanismes de financement en préconisant la création de fonds propres, distincts de l'aide globale apportée aux pays en développement. "Vous ne pouvez pas détourner des fonds alloués aux objectifs de développement tels que la prévention du VIH", peut-on lire dans le rapport. Selon Oxfam, les Etats-Unis et l'Union européenne doivent contribuer à hauteur de 75% des financements nécessaires. Du côté européen, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie, la France et l'Espagne doivent être dans l'ordre les principaux contributeurs.

Les effets néfastes du changement climatique sont très importants dans les pays pauvres (désertification, dégâts pour l'agriculture), alors que les responsables sont les pays riches, gros émetteurs de gaz à effet de serre. Ceux-ci sont en outre les premiers à profiter économiquement de la situation, comme le relève l'étude: "Il existe une profonde injustice en ce qui concerne les impacts du changement climatique."

La publication du rapport coïncide avec la tenue, sur l'île indonésienne de Bali, d'une importante conférence sur le réchauffement climatique. L'organisation humanitaire réclame que les pays riches tiennent les engagements promis par la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et par le protocole de Kyoto. Oxfam exhorte les pays riches à "reconnaître que le financement international dont ont besoin les pays pauvres (...) est tout à fait insuffisant et prendre la résolution de s'attaquer au problème".